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ARK: Survival Evolved

Image de couverture

Des Brachiosaurus au coucher du soleil… (capture d’écran personnelle)

Sommaire

En bref

  • Des dinosaures, mais pas que
  • L’un des meilleurs jeux de survie auxquels j’ai pu jouer, rien de moins !

Configuration

J’utilise ma nouvelle machine de jeu, basée sur un Ryzen 9 5900X, 32G de mémoire, une RTX 3080 10G et un SSD de 1To. Mon moniteur est un Huawei Mateview GT, un 34 pouces WQHD (3440x1440).

Je me fais plaisir : tous les curseurs à fond et toutes les options activées (à l’exception du motion blur que je ne supporte dans aucun jeu). Et ça tourne très bien ! Pour être honnête, les FPS peuvent descendre jusqu’à 40 dans certaines circonstances (sur la première map du jeu quand on fait face à la forêt). Mais la plupart du temps je suis plutôt au-dessus de 90. Il faut dire que le jeu date tout de même de 2017 (2015 en comptant l’accès anticipé).

Par contre, sur de l’ADSL, il faut s’armer de patience. Il me faut pas loin de 12 heures pour récupérer près de 70G d’archives qui occuperont au final environ 380G d’espace sur mon SSD. On sent déjà que le paquet a été mis sur les textures et autres éléments graphiques ! Évidemment, sur une connexion fibre, ce serait l’affaire de quelques minutes, mais je n’ai pas encore cette chance. On pourra économiser pas mal d’espace disque en ayant recours à des applications du genre de CompactGUI, dont Holory propose une présentation précisément dans le cadre de ARK et dont je rejoins le verdict.

Dans tous les cas, je suis bluffé par les performances et les temps de chargement. C’est rapide et fluide, et pourtant il y a énormément de données à charger. Le travail d’optimisation est excellent, et il est très agréable de lancer le jeu.

Présentation

ARK: Survival Evolved est, comme son nom l’indique, un jeu de survie. Vous débarquez à poil dans un lieu inconnu et sauvage, et vous devrez taper sur des cailloux, couper des arbres, boire de l’eau de mer (?) et manger des fruits et des légumes pour survivre. Ah, et, ne pas vous faire bouffer par un représentant affamé de l’une des 500 espèces de bestioles qu’il existe dans le jeu.

Et pas n’importe quelles bestioles. ARK, c’est un peu le bestiaire animalier depuis le Cambrien, rien que ça. Des arthropodes, des méduses, des dinosaures, des mammifères, des reptiles, des oiseaux, de toutes les tailles, formes et couleurs. On trouve des créatures plus “modernes”, telles que le Mammouth et le Smilodon, des amphibiens, des poissons, etc.

Le bestiaire est encore élargi par des créatures issues de la fantasy, telles que des licornes, des phénix et des griffons, et même des kaiju (monstres japonais, tels que ceux vus dans Pacific Rim ou, probablement le plus connu de tous, Godzilla).

Et certain d’entre eux peuvent même avoir un skin Tek (comprendre : robotique).

Il faut bien comprendre que ARK n’est pas un ersatz de Jurassic Park. Le jeu ne revendique aucune véracité scientifique. Par exemple, les Brontos du jeu ressemblent à s’y méprendre à leurs lointains cousins les Brachiosaurus. Les noms des créatures sont parfois simplifiés (les Parasaures sont des Parasaurolophus). En outre, le bestiaire ne se limite pas à des animaux préhistoriques. On trouve vraiment de tout ! C’est agréablement surprenant à plus d’un titre :

  • le travail de modélisation est titanesque
  • la variété des espèces incite fortement à l’exploration (il y a largement moyen de se faire un trip RP darwiniste)
  • j’avais peur que le mélange d’animaux réels et imaginaires, en sus des larges palettes de couleurs employées sur certains skins, me pose un problème de cohérence, ou me mette mal à l’aise ; au final, il n’en est rien !

Avec une telle bio-diversité, on se demande, au début du jeu, dans quel cirque on est tombé, et bien vite on comprend ce qu’on fait là, et ce qu’est ARK.

Spoiler

Évidemment, on s’est fait implanter un truc dans le bras. Il y a des machins immenses qui flottent dans l’air, et en y allant, on se doute qu’un truc va se passer. Et en effet, tout ce qu’on a vécu pour en arriver là est un genre de simulation, à la Yes, man.

On passera une grande partie du temps à fabriquer des choses via des engrammes (des recettes), débloquées au fur et à mesure de la progression de notre personnage, et via différentes stations de travail (y compris l’inventaire). Des mécaniques classiques qui ne perturberont pas les habitudes prises avec pratiquement tous les jeux du genre. La variété des engrammes et des ressources demandées pour chaque recette incite fortement à l’exploration puisqu’il ne sera - évidemment - pas possible de disposer de tout le nécessaire à portée de main. En outre, jouer solo permet d’apprendre tous les engrammes, alors que jouer en multi demandera de faire des choix, afin de favoriser la coopération. Notez que personnellement, je m’en fous, ne jouant que solo, mais c’est à savoir.

Premières heures de jeu

Honnêtement, la première heure de jeu est quand même assez contemplative. On regarde partout autour de nous, on s’avance un peu sous l’eau, un peu dans la forêt, avant de mourir, brutalement dévoré par une bestiole qu’on n’a même pas eu le temps d’identifier. Alors on recommence.

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La vue depuis ma maison… (capture d’écran personnelle)

La deuxième fois, on fait un peu plus gaffe. Sauf qu’autre chose peut nous tuer : comme tout jeu de survie qui se respecte, on a une barre de faim et une barre de soif. Quand l’une d’elle arrive à 0, c’est la barre de vie qui descend, avant que notre carcasse puisse nourrir tous les charognards du coin. Sans compter qu’il faut aussi faire attention au chaud et au froid.

Et comme tout jeu de survie qui se respecte, il ne pardonne pas. Il est même punitif. Et pas que pour soi, pour “ses” créatures aussi. Car il propose quelque chose qui me plait bien : la domestication de certaines espèces qui deviennent rapidement des alliés précieux et qu’on n’a vraiment pas envie de se faire bouffer.

Malheureusement, le moment viendra où vous traverserez une rivière sans faire attention, et dans laquelle votre tout premier Parasaure va se faire bouffer par les Piranha comme une feuille dans un destructeur de documents.

ARK est brutal : au début, en l’absence de techniques et d’outils appropriés, la seule façon de domestiquer un animal est de le tabasser jusqu’à ce qu’il perde conscience. Là, vous le nourrissez, jusqu’à ce qu’il devienne votre meilleur ami. Je suis loin, très loin de cautionner frapper même un “tas de pixel”, alors c’est avec retenue et respect que je le fais. Mais franchement, on aurait pu essayer quelque chose qui n’envoie pas un tel message au joueur.

Une fois ce cap passé, on fini par obtenir des outils moins barbares pour acquérir la soumission de ces bestioles, même si ça ne fonctionnera pas à chaque fois : les flèches tranquillisantes. Alors là, on se prend à shooter dans le tas, en particulier des carnivores. Sauf qu’il y a toujours plus gros, plus rapide, ou plus nombreux. À titiller les carnivores, on fini presque toujours par se faire bouffer. Et on se rend assez vite compte qu’on n’est clairement pas de taille pour chercher à apprivoiser ne serait-ce qu’un “simple” Velociraptor.

En parallèle, on essaye de se construire une maison qu’on peut appeler “chez soi”. Des heures entières à récolter des ressources un peu partout, à placer correctement ses fondations, ses murs, sa porte. Pour se rendre compte qu’en gagnant un niveau de personnage, on débloque des améliorations qui vont les remplacer. Alors on démonte tout, et on remonte avec les fondations en bois. Rebelotte plus tard avec les constructions en pierre, puis en métal. Ceci, probablement, afin de vous inciter à l’exploration, et de créer des habitations un peu partout. Parce que jusqu’à présent, je n’ai pas encore quitté la tranquillité de mon île des végétariens, au sud est de l’île principale. Havre de paix où ne spawnent que des herbivores, les ressources sont suffisantes pour se construire une forteresse en pierre, et commencer à produire de l’agriculture.

Je sors de ma caverne

Une fois que j’ai domestiqué une dizaine d’animaux, du Phiomia au Triceratops, en passant par un couple de Parasorolophus et même un Stegosaurus, une fois que je dispose de ressources alimentaires abondantes, d’une armure correcte, d’une arbalète et d’un stock de flèches tranquillisantes, je m’estime prêt à partir sur le continent pour explorer et ramener quelques ressources rares. Et, pourquoi pas, des animaux plus puissants, plus capables, plus appropriés à certaines tâches. En vrai, je vise déjà le Tyrannosaurus rex. Mais on verra.

Je construis donc un radeau, place dessus deux animaux parmi les plus utiles à ce stade (le Parasorolophus pour sa mobilité et le Stegosaurus pour sa puissance), et on part. À mi-chemin, le radeau se fait bouffer par un Megalodon. Holy fuck. J’ai juste entendu grogner, le bois qui craque sous les coups de mâchoire, et l’embarcation et ses occupants s’en sont allés rejoindre Neptune. Brutal vous dis-je.

Bon bah, je respawn dans mon lit, je prépare tout, constate tristement l’absence de mes bestioles, re-construit un radeau, et m’en vais, seul.

Cette fois, ça se passe mieux que prévu. Je tombe directement sur un T. rex occupé avec un Brachiosaurus. Il va en avoir pour un moment, assez pour que j’essaye de le tranquilliser. Et ça marche ! J’ai apprivoisé mon premier Rex ! Il fallait me voir, gambader dans la forêt, suivi par mon énorme gardien ! Je pousse l’arrogance jusqu’à m’enfoncer dans un domaine que je n’avais pas encore exploré : les marais.

Manque de bol, alors que je suis à pieds (le T. rex me suivant), je me fais bouffer par un Kaprosuchus, bottes et ceinturon. Mon rex n’a pas eu le temps de tuer le gigantesque ancêtre crocodilien que j’étais déjà digéré et déféqué.

Ah oui, d’ailleurs, précision : c’est la foire au caca ce jeu. Tout le monde chie dans tous les coins. Des crottes bien rondes, bien brunes, de tailles variées. Et le pire, c’est qu’elles s’avèrent vitales : elles forment la base de votre agriculture. Et en plus, un bruit de bon gros pet bien gras vous annonce l’arrivée de l’étron. C’est tout un festival. Surtout la nuit quand vous gardez vos bestioles près de vous. Le plus amusant restant le comportement des bestioles au moment de la défécation, allant du flegme au contentement (voire, l’extrême satisfaction), jusqu’à la jubilation régalienne du T. rex qui nous gratifie d’un pas de danse pas vu depuis les années 90. Les devs se sont fait plaisir !

Tout cramer, tout recommencer, tout explorer

C’est une habitude chez moi avec ce genre de jeu. Peut-être que vous le faites aussi, sûrement. Quand une “partie” m’a trop frustré, j’en démarre une autre, plein de confiance. Je divise par deux le temps qu’il me faut pour construire une maison confortable, je multiplie par deux mes chances de survie et ma capacité à apprivoiser toutes sortes de créatures. Du crapaud buffle au Velociraptor, du Baryonyx au Carnotaure, et même un Pterosaure pour pouvoir voler.

Du coup, j’en suis déjà à 60 heures de jeu, mais je n’ai exploré que 5% de la toute première carte du jeu, et encore, seulement hors de l’eau. C’est dire le potentiel de ce jeu, son immensité. Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il se passerait si j’atteignais l’un des trois colossaux piliers qui m’attendent sur la carte (en fait, si, on le sait, si on se spoil avec le Wiki communautaire). Je n’ai pas exploré les profondeurs des océans, j’ignore ce qui se cache là-dedans, à part des Megalodon, des Ichtyosaurus et des Coelacanthes. Mosasaurus ? Plesiosaurus ?

Le monde est rempli de vie. Toutes ces créatures interagissent, entre elles et avec l’environnement. Peu importe où l’on pose le regard, une scène de nature s’offre à nous. Et encore, je n’ai pas exploré les flancs des montagnes et des volcans, où se terrent les prédateurs les plus terrifiants (non, ce n’est pas le T. rex), ni les neiges du nord, ni les rocailles à l’ouest. Seulement ma petite île, une plaine et un marais.

Sachant que j’ai acheté le pack complet (à l’exception de Genesis), il me reste donc trois cartes canoniques (intégrées à l’histoire de base du jeu) et cinq cartes non-canoniques, sans compter la “conversion totale” Primitive +.

Le potentiel de rejouabilité est considérable. Surtout quand on joue un peu en RP, comme moi : je pars du principe que je suis échoué sur une île dépeuplée d’humains, je fais tout pour y rester, je ne cherche pas à savoir pourquoi je suis là et comment m’en sortir : j’utilise ce qui est à ma disposition pour me faire un chez-moi et tirer pleinement profit de mon environnement.

Une façon de jouer que j’ai exploité avec une grande satisfaction dans 7 Days to Die d’ailleurs, où, d’ordinaire, je désactive les zombies pour jouer en RP “Je suis le dernier survivant d’une apocalypse”. Exploration, récupération de ressources, apprentissage de nouvelles compétences, amélioration de mon quotidien. C’est ça mon kif.

Et dans ARK, j’ai tout ça, et en plus, le monde est luxuriant, peuplé de créatures fantastiques. Pas besoin de guerroyer, pas de conflits sociaux, pas de vol de matériel (comme j’en ai connu dans Rust). Car, bien que l’on puisse y jouer façon MMO, j’y joue pour ma part en solitaire. Je me refuse toujours à jouer avec d’autres humains, je déteste ça, je n’y prends aucun plaisir. Même dans Guild Wars, j’avais fini par me monter une guilde rien que pour moi. Et j’adorais ça.

Conclusion

N’y jouant qu’en solo, je me doute qu’il y a tout un pan de ce jeu dont je me prive. Tant pis, ça me va très bien. Il est probable que je ne jouerai qu’à ça dans les mois à venir, et que mon compteur d’heures de jeu dépassera les 1000.

Du coup, vu qu’un deuxième épisode va sortir, il est plus que probable que je me le prenne, alors même que je suis tellement loin de m’approcher de la fin du premier.

À défaut d’avoir trouvé un “vrai” jeu de survie, hardcore, ultra-réaliste, sans fioritures fantastiques, j’ai trouvé un excellent jeu de survie avec des dinosaures et un bestiaire totalement fou, tout en étant parfaitement cohérent et agréable.

Gros coup de coeur !