Richard Dern
Opinions impopulaires d'un dino/nerd parmi les humains


Disenchantment
Désenchantée

Publié le 12 février 2022

  1. En bref
  2. Contexte
  3. Critique

En bref

  • Fun et marrante
  • Humour vulgaire et gras (mais pas trop)
  • Intelligente et incisive

Désenchantée, c'est tout ça à la fois !

Contexte

Bean est une princesse pas comme les autres. Alcoolique et désinvolte, elle se retrouve embarquée dans des aventures qu'on ne peut voir que dans une série animée de Matt Groening.

Si vous êtes habitué des Simpson ou de Futurama, vous serez en terrain connu. Pour ma part, n'ayant aimé ni l'un ni l'autre, je me suis surpris à apprécier Désenchantée, notamment grâce au contexte médiéval et aux trois personnages principaux : Bean la princesse, Luci le démon et Elfo, la cinquième roue du carrosse.

Critique

Esthétiquement, Désenchantée est irréprochable. C'est coloré et détaillé, et même pour quelqu'un qui n'a pas vu les Simpson ou Futurama, on reconnaît aisément la parenté.

Les voix principales (à l'exception de celle de Zog mais il est sans doute voulu qu'on la déteste) sont excellentes, avec une mention spéciale pour Luci, diablement bien doublé par Éric André (que l'on a pu voir dans un épisode de The Big Bang Theory entre autres).

Le point de départ de l'histoire est le mariage arrangé de la princesse Tiabeanie, auquel elle ne consent pas puis s'enfuit avec ses deux compagnons d'aventures totalement improbables et déjantés.

Je trouve que les scénaristes ont trouvé un juste équilibre entre le déroulé de l'histoire en elle-même et les différents pics adressés contre notre société moderne, et ce malgré le décalage entre les époques. Loin d'être moraliste, la série préfère la critique laconique, laissant ainsi plus de place à une histoire bien chargée en humour gras et en moments émotions.

Les sujets abordés sont d'ailleurs matures, faisant de Désenchantée une série pour adultes ou jeunes adultes. L'amour, la mort, l'amitié, la politique, la société, la richesse, la pauvreté, etc. La série se regarde mieux quand on a un esprit ouvert sur la critique et que l'on n'a pas peur de réfléchir. À ce qu'il me semble, c'est ce qui vaut également aux Simpson leur succès tri-décennal : derrière l'enrobage de couleurs et derrière un phrasé vulgaire et populaire se cachent bien des réflexions profondes, adultes et contemporaines. Ce qui confère aussi à Désenchantée une double lecture : une série passe-temps agréable, mais aussi intellectuellement intéressante, sans jamais tomber dans un extrême ou l'autre.

Le contexte ne séduira évidemment pas tout le monde : j'ai moins été emballé par le Springfield des Simpson que par le Royaume de Dreamland de Désenchantée, l'inverse est totalement possible. Les personnages atypiques seront également un frein à l'adoption de la série : une princesse alcoolique, un démon/chat et un elfe las d'être joyeux (plus proche du nain de jardin que de Legolas). Pourtant, ce trio fait toute la force de cette série, précisément parce que ce sont des anti-héros.

En ce qui me concerne, Désenchantée fait partie de mes séries préférées, et j'y reviens toujours avec plaisir à chaque fois que Netflix sort de nouveaux épisodes.