Jurassic World: Fallen Kingdom

Publié dans : Films

En bref 🔗

  • Époustouflant au début
  • Terrifiant à la fin
  • J’adore !

Contexte 🔗

Fallen Kingdom succède à Jurassic World. Le parc est en ruines, et le volcan de l’île menace de tout ravager. Les dinosaures sont en danger d’extinction. Claire est à la tête d’une société de protection des dinosaures et semble être le dernier espoir de salut pour ces animaux.

Personnages 🔗

On retrouve Bryce Dallas Howard et Chris Pratt dans leurs rôles respectifs de Claire Dearing et Owen Grady. Claire est désormais en charge d’une société de protection des dinosaures. Le changement est drastique, mais Howard prouve qu’elle est une excellente actrice. Claire n’est plus dans le même registre, mais elle reste cohérente.

En ce qui concerne Owen, je trouve le début du film quelque peu incohérent avec son ancien métier. Mais il revient assez rapidement dans le droit chemin ; alors je lui pardonne ses errements de la première dizaine de minutes du film.

Depuis Le Monde Perdu, il n’y avait plus de nemesis, un personnage mal-intentionné, clairement identifié en tant que tel (et qui ne soit pas le Dr Wu qui n’est, finalement, “qu’un” intermédiaire). Dans le deuxième volet de la saga Jurassic Park, c’était Peter Ludlow, le neveu de John Hammond (incarné par Arliss Howard). Dans Fallen Kingdom, c’est Eli Mills (Rafe Spall, qu’on a pu voir dans divers films britanniques tels que Shaun of the Dead ou Hot fuzz), gestionnaire de la fortune de Benjamin Lockwood (Sir James Cromwell).

Le personnage de Peter Ludlow n’est pas vraiment mémorable. Bien qu’il se présente initialement comme amical, on voit très vite où il veut en venir, et dès lors, ne surprend plus. Il est exactement là où on l’attend. Cependant, certaines de ses répliques sont bien ajustées, et peuvent ébranler la vision manichéenne classique. Cela ne dure qu’un temps toutefois, et chacun reprend sa place de “gentil” et de “méchant”.

Le plus vieil ami de John Hammond, Benjamin Lockwood, apparait comme son remplaçant. La disparition de Richard Attenborough en 2014 a laissé un vide dans la saga, à mon sens, et j’apprécie de pouvoir retrouver un personnage similaire. Néanmoins, la maladie (fictive, heureusement) de B. Lockwood limite ses interventions, mais son rôle se révèlera ultérieurement plus important que ce qu’on pouvait penser au départ. Il est à l’origine d’une intrigue intéressante, mais il faudra probablement attendre Dominion pour en apprendre plus, si tant est que cette intrigue soit développée.

Spoiler

La petite-fille de Lockwood est en réalité un clone de sa fille décédée, créée selon le même principe que les dinosaures. Cet évènement est à l’origine de la discorde entre Lockwood et Hammond. Il serait intéressant de savoir comment elle va évoluer, sachant cela. Mais cela sortirait probablement du contexte de la saga, et pourrait nuire à l’histoire, alors peut-être vaut-il mieux ne pas en savoir plus, pour une fois…

Ce qui m’amène à mentionner le personnage de Maisie (incarnée par Isabella Sermon), la petite-fille de Lockwood, à la prestation tout à fait honorable. Maisie en elle-même est une jeune fille quelque peu irritante pour son côté espiègle, mais dont la situation inspirera la sympathie, puis l’attachement au fil de l’histoire.

Le Dr Wu est toujours de la partie, toujours incarné par B. D. Wong. Il fait partie des meubles ! On notera également la présence de Geraldine Chaplin, la petite-fille de Charlie, dans le rôle de la nounou de Maisie, et l’intervention de l’immense Jeff Goldblum (l’un de mes acteurs préférés depuis Jurassic Park) au début et à la fin du film.

Ted Levine interpète Ken Wheatley, bras-armé de Eli Mills, qui a peu ou prou le même rôle que Roland Tembo (Pete Postlethwaite, lui aussi malheureusement décédé, en 2011) dans Le Monde Perdu. J’espérais, en voyant le début du film, qu’il se rallierait à la cause de Claire et Owen, tout en sachant qu’il ne le ferait pas. C’est dommage parce qu’au premier contact, il semble sympathique en tant que “grand chasseur blanc” !

Deux autres personnages viennent épauler Claire et Owen : Zia Rodriguez la paléo-vétérinaire (Daniella Pineda), qui vient ponctuer ses accolades avec Ken de répliques bien percutantes, et Franklin Webb (Justice Smith), le nerd. Ce dernier personnage me contrarie : il est franchement énervant à avoir peur de tout, mais il répond avec applomb quand on l’agresse sur sa profession. J’aime bien ce trait de caractère, mais il ne compense pas sa “pathétique couardise”. Dommage, j’aurai pu m’attacher à lui !

Esthétique 🔗

Le changement social de Claire, passant de la business-woman à la militante, s’accompagne de la sanction vestimentaire appropriée : exit la tenue de working-girl, Claire se frippe de jeans, de bottes et de vestes… d’extérieur. En mode baroudeuse pour ce second opus ! Un changement rafraîchissant - si l’on peut dire - qui fait probablement écho aux critiques concernant le sexisme dans Jurassic World, et que je ne partage absolument pas.

Pour le reste, l’esthétique du film est un mélange réussi d’extérieurs auxquels on est largement habitués, et d’intérieurs cohérents avec ce que l’on a déjà pu voir par le passé (notamment dans Le Monde Perdu). Très peu de labos high-tech ici (par contre, plein de jouets qui donnent envie, comme le bureau/écran d’Eli Mills…), mais un château/musée digne de la fortune de John Hammond (et de Benjamin Lockwood pour le coup). Rustique et positivement poussièreux, on sent les années dans le bois de l’édifice et les vitrines du Jurassique et du Crétacé, desquelles se dégage une atmosphère de museum d’histoire naturelle très authentique. Une antiquité contre-balancée par la modernité des sous-sols, froids, impersonnels et terrifiants.

Fallen Kingdom revient aux animatroniques qui avaient contribué au succès de Jurassic Park. Les dinosaures gagnent en charisme et suscitent l’attachement.

Spoiler

La mise en scène contribue évidemment à ce sentiment, comme en témoigne la scène du Brachiosaure sur le quai enveloppé par la nuée ardente, qui est d’une tristesse absolue.

Cet attachement est évocateur de tout le film : sous couvert de grand spectacle (dû à l’éruption du Mont Sibo), Jurassic World: Fallen Kingdom se sert de son scénario pour diffuser un message plus important, lisible du début à la fin du film, que ce soit par la position de Claire ou les interventions de Ian Malcom : nous représentons une menace pour notre environnement, incluant les animaux.

L'Indoraptor, est à mon sens un meilleur antagoniste que Indominus rex. Il est beaucoup plus petit qu'Indominus, mais un peu plus grand que le Vélociraptor. Le fait qu’il soit “téléguidable” est anecdotique, parce qu’il est suffisamment terrifiant par lui-même.

Spoiler

Son irruption dans la chambre de Maisie est réellement cauchemardesque !

Son esthétique reste celle d’un dinosaure, d’un théropode pour être exact, et n’est pas spécialement originale. Cependant, il eut été difficle de lui donner une apparence originale sans s’écarter de sa nature. Je ne reproche aucunement les choix esthétiques qui ont été fait pour Indoraptor, considérant que son seul but est d’être effrayant, et en cela, c’est une réussite.

Bande son 🔗

Toujours Michael Giacchino aux commandes, on reste donc dans le même registre que Jurassic World : magistral, en particulier le thème entendu lors de l’arrivée des dinosaures au manoir Lockwood.

En ce qui concerne les bruitages, on est un cran au-dessus de Jurassic World : on sent qu’un gros travail a été effectué sur les cris des différents dinosaures, notamment les carnivores qu’on n’avait pas encore vu ou entendu (Allosaurus, Baryonyx). Je faisais justement la remarque que dans Jurassic World, ces bruitages manquaient un peu de variété, je trouve que cela a été corrigé dans Fallen Kingdom

Conclusion 🔗

Le film est divisé en deux partie de longeur approximativement égales. Le début est essentiellement en extérieur et fait la part belle au grand spectacle. La suite est essentiellement en intérieur, et contient quelques scènes bien flippantes. Pour moi, Jurassic World: Fallen Kingdom est une réussite, parce que même si on peut critiquer le manque d’originalité du scénario, il assure néanmoins la transition avec Dominion à venir en 2022. En espérant que ce dernier soit à la hauteur des attentes…