Jurassic Park III
(Jurassic Park 3)

Publié dans : Films

En bref

  • De la baston titanesque avec un nouveau nemesis
  • Une histoire courte et pas originale…
  • …mais qui aborde des sujets très intéressants

Contexte

Dans Le Monde Perdu, Ian Malcom part sur Isla Sorna sauver des vies. Quatre ans après, dans Jurassic Park 3, Alan Grant part sur Isla Sorna sauver des vies. Contre son gré, certes. Le coeur du scénario n’est pas vraiment intéressant ; ce sont les idées connexes qui donnent son sens à cet épisode.

En effet, on s’intéresse ici au comportement des animaux, des dinosaures, et en particulier des Velociraptor. Sans aller jusqu’à une étude approfondie et/ou complexe, le Velociraptor n’est plus simplement un prédateur qui veut manger les humains juste pour jouer au prédateur (contrairement au nouvel antagoniste, le Spinosaurus).

En outre, Jurassic Park 3 propose une réflexion intéressante sur l’éthique de la science, et de la génétique employée à la création d’espèces éteintes. Un dilemne déjà soulevé en 1993 dans Jurassic Park bien sûr, mais - promptement, malheureusement - réévalué près de dix ans plus tard, et fort bien résumé par Alan Grant lors de la conférence au début du film.

Personnages

C’est avec plaisir que l’on retrouve Alan Grant et Ellie Sattler (incarnés par Sam Neill et Laura Dern) dans Jurassic Park 3. Ils sont séparés mais restent bons amis. Vous me direz, leur relation n’a jamais été très explicite. Sam Neill est décidément un de mes acteurs préférés, tandis que Laura Dern, moins présente dans le scénario, est quelque peu effacée.

A l’exception de Téa Leoni, dont la prestation est honorable, le reste du casting est relativement moyen. Disons simplement qu’aucun acteur ne se démarque franchement.

Esthétique

Stan Winston est toujours aux commandes des animatroniques, et ILM aux animations par ordinateur. Le résultat est plutôt bon, en particulier sur les Velociraptor. Seules quelques scènes impliquant le Spinosaurus ou les Pteranodon ont relativement mal vieilli, à cause de leurs mouvements trop mécaniques par rapport à nos standards post-2020. Le travail titanesque réalisé sur ces effets spéciaux ne peut cependant pas être négligé ou dénigré, même vingt ans plus tard !

Il est évident que les Velociraptor ont fait l’objet d’un soin tout particulier, essayant de trouver un compromis esthétique entre les théories scientifiques les plus récentes (notamment en ce qui concerne la présence de plumes) et la cohérence de l’histoire (en 1993, ils étaient parfaitement glabres).

Bande-son

Cette fois, c’est Don Davis qui est responsable de la musique, John Williams étant occupé à d’autres projets sur le moment. On sent tout de suite la différence, mais il faut reconnaitre que le rythme imposé par le film ne se prête pas vraiment à la contemplation auditive. Les images nous entraînent plus vite que la musique, qui ne laisse aucune empreinte distinctive ou mémorable.

Les vocalises des dinosaures sont variées et très bien réalisées. Encore une fois, en tant que sujets centraux, les Velociraptor ont été particulièrement soignés, et c’est presque tout un langage spécifique qui a été créé pour eux. Une franche réussite, au contraire des bruitages parfois franchement mauvais : c’est particulièrement désagréable dans la scène de la volière.

Conclusion

Une critique à l’image du film : courte. Jurassic Park 3 est pour moi un dilemne existentiel. Je l’aime parce que c’est un Jurassic Park et qu’il contient des éléments que je trouve intéressants : l’éthologie, un thème récurrent dans la saga mais particulièrement développé dans ce troisième épisode (mais moins que dans Jurassic World) et l’éthique scientifique. Et puis l’introduction du Spinosaurus et le rythme soutenu du film sont appréciables, et certaines scènes sont vraiment très bonnes.

Spoiler

La meilleure scène du film étant probablement l’affrontement entre le T. rex et le Spinosaurus, titanesque, terrible, brutale, et désespérément courte… Surtout si on la compare à l’affrontement entre le T. rex et le I. rex de Jurassic World !

Mais le casting est en retrait, malgré la présence de Sam Neill et de Laura Dern, la musique n’a rien d’extraordinaire puisqu’elle puise dans la bande originale du premier film, les bruitages sont encore plus mauvais que dans Le Monde Perdu (à l’exception des cris des Velociraptors évidemment), et le scénario est trop court et trop peu original (j’ai presqu’envie de parler de reboot du Monde Perdu…).