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À la recherche du clavier parfait - Étape 9

Une grosse frayeur

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Une grosse frayeur

Démontage

Pour la première fois depuis que j’ai acquis mon clavier, j’ai décidé de l’ouvrir pour voir un peu ce qu’il a dans ses entrailles d’aluminium. Six vis hexagonales à sortir, on soulève l’arrière en faisant attention au connecteur qui relie la carte-fille au PCB, on débranche celui-ci, et voilà la bête libérée. On peut ainsi mettre en évidence le montage “en sandwich” du PCB : vissé à la plaque supérieure, ses bords sont recouverts de gaskets (pardonnez mon usage de l’anglais, mais je n’aime pas la traduction en “joint”). De la mousse interstitielle qui absorbe les vibrations.

L’intérieur révèle une mousse assez fine, probablement trop fine pour jouer un rôle très important dans le son généré par la frappe sur le clavier. Mais là n’est pas mon intérêt principal pour l’heure : je veux voir à quel point il est facile de le démonter et “bricoler”.

Le drame

J’enlève délicatement un switch (celui de la touche F2), je l’examine, j’examine le socket, le tout avec l’objectif d’être certain de ne pas me tromper le jour où je voudrais en changer. Je remets le switch en place, appuie dessus, “crack”. Un bruit net, sec. J’ai chaud, j’ai une poussée de sueur, je retourne le PCB pour découvrir avec horreur le socket à moitié sorti de son logement, la piste du PCB encore attachée, mais coupée en deux.

Trop paniqué pour faire une photo, je m’empresse de chercher mon fer à souder et ma brasure, espérant reconstituer la piste. Malheureusement, elle est trop fine pour que j’arrive à quoi que ce soit : la brasure n’adhère à rien, ni au PCB ni à la piste pendante.

J’étudie alors le chemin emprunté par la piste sectionnée, mais il ne ressemble à aucun autre : il part sous le socket et de là je n’arrive plus à le suivre. Toutefois, en observant les autres sockets, je réalise que la piste coupée est celle de la masse.

Réparation

Et c’est là que j’ai une chance exceptionnelle. Si j’avais sectionné l’autre piste, si c’était l’autre côté du socket qui avait cédé, je crois qu’il m’aurait été impossible de rattraper le coup.

Puisque c’est la piste de masse qui a cédé, et en tenant compte que toutes les masses d’une ligne de switches sont reliées entre elles, il m’a suffit de souder un court fil entre la masse du socket précédent, celle du socket décollé, et celle du socket suivant dans la ligne pour rétablir le fonctionnement de la ligne de switches.

Je rebranche, ça fonctionne parfaitement.

Moralité : pour installer de nouveaux switches ou remplacer d’anciens switches, il est plus prudent d’ouvrir le clavier et de maintenir le socket en place pendant l’insertion du switch. Sinon, c’est la merde…

Changement de switches

Le but de l’opération était de me préparer à quelque chose de plus vaste : changer mes switches ! Bien que très content de mes Kailh Box White, si déjà j’ai un clavier sur lequel je peux changer mes switches presque comme de chemise, autant essayer des trucs. En particulier, je voulais tester des switches linéaires, et essayer de reproduire le fameux “thock” recherché par les enthusiasts. Mon premier réflexe a été de choisir des Kailh Box Red, mais après consulté plusieurs reviews, les retours n’étaient pas à la hauteur de ce que j’en attendais.

Et puis j’ai découvert la gamme des Akko CS, dont les critiques ressemblent presque toutes à ça :

J’en attendais pas autant de ces switches, ils sont excellents !

Smooth as butter, even stock ! (comme dans du beurre, même sans lubrification)

J’ai donc commandé deux boîtes de 45 Akko CS Rose Red. Akko, pour rappel, c’est la marque de ma base de clavier. Je me suis dis que j’allais tenter le coup. À 43gf, ils seront sans doute trop légers pour beaucoup de modders, mais je pense que, considérant mon doigté délicat, ils seront parfaits. L’activation se fait à 1.9mm, soit 0.1mm de plus que les Kailh Box White, ce qui devrait rester dans ce que je recherche.

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Akko au top sur le packaging !

Comme dit, leur installation s’est faite avec une infinie minutie, pour ne pas reproduire ma mésaventure de la veille.

Le premier contact avec des switches linéaires quand on est habitués aux switches clicky ou tactile est vraiment surprenant. C’est effectivement très doux, très linéaire, très silencieux. La sensation est vraiment très différente. Le bruit est plus proche de ce que j’attends d’un clavier mécanique en fin de compte ! J’ai toujours été persuadé de ne vouloir que du tactile ou du clicky, mais en fait, je crois que je me ferai bien au linéaire aussi, surtout quand il est aussi doux qu’avec ces switches Rose Red !

La fin de course en revanche est assez rude. Je pense que maintenant, des onion rings se justifient, d’autant qu’ils ne devraient pas trop altérer le son produit.

Aussi surprenant que ça puisse paraître, je ne fais pas plus d’erreurs de frappe. Je m’imaginais qu’avec des switches linéaires j’allais rater des touches. Inversement, je n’ai pas l’impression de commettre d’appuis surnuméraires (en trop, notamment sur les touches voisines). Je suis étonnamment et agréablement surpris !

Changement de keycaps

J’ai aussi changé de keycaps. J’essaye de rester dans l’esprit initial blanc et bleu, mais le blanc sera limité au repose-poignets. Le reste sera plutôt de couleur… Macaw !

Hé oui, j’ai décidé de donner une seconde chance aux Akko Macaw. Déjà testés le mois dernier, ils m’avaient laissé une excellente impression de robustesse, produisaient un bruit très agréable, et étaient juste magnifiques.

Les Tai-Hao sont excellents aussi, mais un peu moins qualitatifs, moins épais, produisant un son plus clair, un peu moins agréable. Malgré des couleurs parfaitement conformes à mon idée originale, j’avais envie de quelque chose d’un peu plus exotique, finalement. Enfin, les Tai-Hao se contentent du strict minimum, alors que les Akko sont fournis dans une belle boîte rigide, et, comme je les ai pris en profil ASA, j’ai un petit bonus…

La surprise d’Akko

Le profil ASA est un profil OEM plus arrondi et plus haut. Mon premier contact avec ces keycaps avait été excellent. Akko offre un carton supplémentaire avec les Macaw, mais uniquement dans leur variante ASA : le profil Cherry n’y a pas droit. Ce carton contient des touches supplémentaires de couleur cyan : la même couleur que la fonte des touches alpha. Au total, le set de chez Akko offre pas moins de 199 keycaps, certaines touches étant déclinées en trois couleurs : bleu marine, jaune et cyan. C’est d’ailleurs une bonne technique commerciale de la part d’Akko : rien sur la page produit ne mentionne ces touches supplémentaires en cyan qui ne sont pas dans le coffret mais dans un carton à part (et je n’ai pas trouvé de photo sur Internet). Du coup, tu as la surprise en ouvrant la boîte. Bien joué !

Ce coffret respire la qualité. On sent qu’Akko a envie de se faire une place sur le marché des claviers custom, à commencer au niveau de leur packaging, tout bonnement excellent. Celui du MOD007 l’était aussi, celui des keycaps également, celui des CS Rose Red continue sur la même lancée. Le tout à un prix très abordable : les keycaps se négocient à moins de 70 euros, les switches à moins de 30 euros les 45. On se coltine évidemment les taxes et les frais de transport à un moment ou à un autre, donc évidemment on ne paye pas le même tarif qu’en Asie. Mais le positionnement tarifaire d’Akko se situe bien juste au-dessus de la moyenne, pour des produits très qualitatifs. La marque mérite ses galons.

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Le résultat “final”, il est probable que je m’amuse un peu avec les couleurs, mais on voit bien les touches cyan sur cette photo

Adaptation de mon espace de travail

Vu que je travaille dans une pièce très sombre (par choix et préférence personnelle), j’avais besoin du rétro-éclairage des touches pour retrouver mes marques. Les keycaps d’Akko ne sont pas translucides (contrairement aux Tai-Hao), et si un jour je veux changer de keycaps, j’aurai beaucoup de mal à trouver des keycaps translucides de qualité, apparemment. Donc autant m’adapter et m’ouvrir à de nouvelles possibilités.

Il n’en reste pas moins que j’ai besoin de rapidement retrouver mes marques sur mon clavier dans une obscurité quasi complète. En plus de ça, il serait dommage de ne pas bénéficier d’une vue imprenable sur mon clavier tout beau… Du coup, je vais faire quelque chose que je n’ai jamais fait : installer une lampe de bureau, mais pas n’importe laquelle : c’est une lampe “d’écran”, qui se positionne… sur l’écran, un peu comme une webcam très très large. Alimenté par USB, la température de la lumière est ajustable, de même que sa luminosité.

Comme elle éclaire vers le bas, elle ne me gène pas, tout en me permettant de voir mon magnifique clavier.

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Mon espace de travail avec la lampe d’écran

Conclusion

Mon clavier repose donc sur une base Akko MOD007, avec des switches Akko Rose Red et des keycaps Akko Macaw. Un clavier “custom” 100% Akko, donc. Et je confirme que cette marque gagne à être (re)connue. Elle se démarque par un excellent packaging, une esthétique magnifique (même si c’est subjectif), des produits de qualité, et un tarif très raisonnable.

Prochaine étape, ajouter des onion-rings sur les keycaps pour amortir le choc de fin de course. Je ne sais pas encore si je vais aller plus loin : j’envisageais de filmer les switches et les lubrifier, et de remplacer les stabilisateurs par des Durock v2.

On a pu voir que d’un mois à l’autre, je change assez vite d’avis, alors on verra bien le mois prochain ce que j’aurai décidé. Notez tout de même que cette indécision est celle du débutant ! Maintenant que j’ai un peu d’expérience sur ce clavier, il se peut que je finisse par en faire un deuxième… surtout que j’ai déjà des switches et des keycaps !