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À la recherche du clavier parfait - Étape 8

Clavier complet !

Sommaire

Récapitulatif

Je me suis mis en tête, au début du mois de janvier, de me procurer un nouveau clavier. Après une première sélection, j’ai fini par m’orienter vers un clavier semi-custom, c’est-à-dire avec switches échangeables à chaud et un set de keycaps choisi par mes soins. Après une réflexion sur l’orientation des switches, j’ai formulé une liste d’achat que je n’ai finalement pas suivis. Finalement, après un cafouillage suite à ma commande, je dispose de tous les éléments pour monter mon clavier semi-custom.

Base

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Un très beau coffret…

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Un câble USB-c de bonne qualité (et de bonne longueur) est fourni

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Le clavier est bien protégé par toute la mousse et le plastique

La base est un Akko MOD007 en couleur Ocean Blue. C’est un ensemble composé d’un boîtier en aluminium au format 75% : il est amputé du pavé numérique, et la zone centrale habituelle est réduite à quatre touches disposées à la verticale et des touches fléchées. Une cinquième touche est présente à la droite de la touche F12, et le clavier offre un bouton rotatif permettant de base d’ajuster le volume de la sortie audio de l’ordinateur et la luminosité du rétro-éclairage sur quatre niveaux (plus l’extinction complète). Il offre donc 82 touches.

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La plaque en plastique, au cas où celle montée par défaut (en aluminium) serait trop rigide, ainsi que des gaskets supplémentaires dans leur sachet refermable

Avec ce boîtier, on dispose évidemment du PCB, avec switches hot-plug orientés en north-facing (la LED de rétro-éclairage est au-dessus du switch).

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Les sockets pour les switches en north-facing

Une plaque en aluminium est installée par défaut, mais une plaque en plastique (moins rigide) est également fournie dans le coffret. Une mousse est pré-installée entre le PCB et la plaque, et l’intérieur du clavier est également doté d’une couche de mousse. Il en résulte que l’ensemble du clavier est très rigide, ce qui me convient bien pour le moment, tout en permettant à ceux qui préfèrent un toucher plus souple de supprimer quelques couches simplement en ouvrant le boîtier via les vis hexagonales situées en dessous. Je ne me suis pas encore amusé à l’ouvrir.

Switches

Mes switches actuels sont à 100% des Kailh BOX White. Ils sont tactiles et émettent un clic à la pression (et au relâchement) de la touche. Ils sont faits pour une frappe légère, leur course d’activation étant assez courte (et c’est exactement ce que je cherchais). Ils rendent ma frappe beaucoup plus rapide et agréable que les Cherry MX Brown ou les Gateron Optical Blue que j’avais pu tester jusqu’à présent. Malgré cette souplesse, je ne fais pas plus de fautes de frappes qu’avant.

Ils sont vraiment agréables, le clic, le rebond, la stabilité sont très satisfaisants. En fait, je n’ai jamais utilisé de switches aussi bons, sur un clavier aussi bon, et avec d’aussi bons keycaps…

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© Glorious

Keycaps

Mes keycaps sont des Tai-Hao, en coloris Cool Gray/Navy Blue, conçus pour une disposition ANSI (clavier QWERTY américain). Ces keycaps m’intéressaient pour plusieurs raisons :

  • leur fonte est agréable à l’oeil, sobre et lisible, loin des fontes pour claviers de gamers
  • les caractères et motifs sont transparents, permettant de bénéficier du rétro-éclairage
  • leur profil OEM ne cause pas d’interférence avec les switches en north-facing (contrairement au profil Cherry)

Les couleurs employées ici sont conformes à mon idée initiale de faire un clavier aux couleurs de l’entreprise fictive InGen dépeinte dans la saga Jurassic World. Dans mon idée, je voulais du blanc “laboratoire” et du bleu “InGen”, et ces keycaps y correspondent, en plus de se marier à la perfection avec le bleu de la base du clavier.

Ils sont conçus en PBT Double-Shot, soit l’une des techniques de production les plus populaires pour sa qualité et sa durée de vie.

Comme dit, je suis d’abord passé par des Akko Macaw, suite à un cafouillage lors de ma commande initiale.

Et je confirme que les Macaw ont beau être superbes, ils ne sont pas faits pour l’obscurité de mon bureau. Avec les Tai-Hao, j’ai enfin le rétro-éclairage des touches, et ça change tout !

Compte tenu des frais d’expédition et des taxes diverses, les keycaps de chez Akko et ceux de chez Tai-Hao me semblent adopter un positionnement équivalent. En outre, les deux sets sont réalisés en PBT double-couche. Mais les Macaw étaient présentés dans une belle boîte, chaque keycap bien logé dans un emplacement qui lui est spécifique. Akko fournit pas mal de touches supplémentaires, avec des profils différents ou de couleurs différentes (il y a même un carton supplémentaire contenant tout un set de touches cyan, en plus des deux nuances de bleu de base et des touches jaunes). Il y a pratiquement de quoi faire deux claviers complets ! Les keycaps sont très qualitatifs, les parois sont épaisses, et le son qui en résulte est profond.

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Les Macaw sont magnifiques…

Tai-Hao s’est donné moins de mal : toutes les touches sont en vrac dans un carton, il n’y a que le “strict nécessaire” (c’est-à-dire, aucune novelties, avec des pictogrammes divers et variés, à l’exception de deux touches blanches et rouges frappées de la marque). Je note quand même la présence de deux extracteurs de keycaps dont l’un en aluminium (quand celui fourni par Akko est fait de plastique). Les touches semblent un peu moins épaisses que celles d’Akko ; il en résulte un son plus aigu lors de la frappe, mais qui ne me pose aucun problème. La fonte est parfaitement lisible, et Tai-Hao a eu la bonne idée de placer tous les glyphes au sommet des touches de sorte à ce qu’ils bénéficient du rétro-éclairage. Au toucher, ces keycaps sont un peu plus agréables sous mes doigts que les Akko, grâce à une finition un peu plus granuleuse (je n’aime pas les touches lisses).

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…mais ce sont les Tai-Hao que je voulais !

Et le résultat est conforme à l’idée que je m’étais fait de mon clavier ! Je suis comblé. D’autant que le mariage avec mon repose-poignets est parfaitement réussi !

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Le niveau le plus faible du rétro-éclairage, l’éclairage ambiant se résume à mes écrans. En vrai, c’est beaucoup mieux que sur la photo…

Repose-poignets

Connaissant quelques marbriers dans ma région, je leur ai demandé de m’en faire un avec les dimensions que je leur donnerai (à savoir 330x80mm, avec une hauteur minimale de 8mm et maximale de 18mm). Il a été conçu à partir d’Opal White, un type de marbre pratiquement pur extrait de carrières au Vietnam. Cette pierre présente la particularité d’être irisée, transparente par endroits, et lui confère un aspect visuel neutre : en la voyant de loin, c’est un bloc blanc presque pur, mais une fois sous les mains, on se rend compte de toutes ses subtilités.

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Le repose-poignets en marbre

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Détail du repose-poignet, mais mes compétences en photographie m’empêchent de vous montrer toutes les nuances de couleurs et d’irisations…

En ce qui concerne le toucher, une fois de plus, c’est exactement ce que je voulais : la pierre brute a été découpée selon mes mesures, les arrêtes ont été arrondies et la partie inférieure légèrement striée pour améliorer sa stabilité.

Le marbre est froid au premier contact, mais il prend et garde la chaleur des mains, sans pour autant la rendre désagréable comme ça peut l’être avec un repose-poignets en sky ou en cuir, qui vont devenir humides, ou en silicone qui va devenir collant. De plus, la surface de la pierre est parfaitement douce, soyeuse, agréable au toucher.

Bill of Materials

ProduitPrix
Akko MOD07216.33€
Switches Kailh BOX White x12059.90€
Keycaps Tai-Hao84.91€
Repose-poignetsOffert
Total361.14€

Montage

Rien de plus simple puisqu’il suffit d’enficher les switches dans le PCB et les keycaps sur les switches. Par contre, cela nécessite à la fois de la force et de la douceur : il faut présenter les switches bien à la verticale, les caler sur les bords de la plaque supérieure, puis appuyer délicatement sur deux faces en même temps. Une fois les switches en place, on branchera le clavier, on ouvrira un éditeur de texte ou une application de test pour clavier, et on testera toutes les touches. C’est ainsi que j’ai découvert que l’un de mes switches avait vu l’un de ses connecteurs se plier à l’insertion, causant son mutisme. Vite réparé : il a suffit de reformer le connecteur avec une bonne pince plate et le tour est joué. Et au pire, j’avais une quarantaine de switches disponibles pour le remplacer…

On peut ensuite surmonter les switches des keycaps, là encore en le faisant doucement mais avec fermeté, et bien à la verticale du switch pour éviter d’abîmer son stem ou le keycap.

Installation du logiciel

Le logiciel se trouve sur le site d’ Akko et se nomme Akko Cloud Driver. Il est aisé à prendre en main, mais est grévé de problèmes de design rendant son utilisation laborieuse et prompte aux erreurs. On le configurera une fois pour toutes, et on désinstallera probablement l’application une fois fait.

À noter que ce logiciel va permettre la mise à jour du firmware du clavier, donc on devra sans doute s’en servir une fois ou l’autre. Dommage qu’il ne supporte ni le firmware QMK ni le logiciel via… Un jour, peut-être ?

Un mois stressant

Je ne vous cache pas que j’ai éprouvé beaucoup de stress pour construire ce premier clavier. Avant de commander, je stressai parce que j’allais investir 360€ dans du matériel dont je ne suis pas certain de la compatibilité, ni que le confort qu’il offrira sera celui que j’en attends. Ensuite, il y a eu le stress de la première commande chez MechanicalKeyboards, puis de la deuxième (le lendemain de la commande, les keycaps n’étaient plus en stock, mais MK m’a confirmé par mail que j’ai acheté le dernier set et qu’il me serait bien livré comme prévu).

Maintenant que j’ai tout en main, et que le clavier est parfait, je peux enfin souffler, et profiter de cette merveille.

Un mois enrichissant

J’ai consulté plein de sites, vu plein de vidéos sur YouTube (ce que je ne fais jamais), j’ai lu et vue des choses très intéressantes.

En particulier que pour un clavier custom, il vaut mieux commencer par le semi-custom, au lieu de choisir le boitier, puis un PCB qui va bien, puis les accessoires comme les différentes mousses, etc.

J’ai découvert aussi un site formidable doté d’un comparateur de switches, grâce auquel j’ai choisi les Kailh BOX White. J’ai aussi rencontré des gens sympas qui m’ont orienté vers des boutiques en ligne (merci @Zoz !)

Un mois de honte

Pendant un mois à chercher les différents composants pour mon clavier, j’ai ressenti une grande honte d’être français. Les boutiques d’informatique françaises sont principalement détenues par LDLC où l’on ne vend pas de base de clavier ou de keycaps dignes de ce nom. En France, on est attachés à l’AZERTY pour des raisons qui m’échappent totalement, et tenter de convertir les gens autour de moi au QWERTY s’est révélé très compliqué. Autant mon épouse a bien compris les enjeux et est assez aventurière pour s’y être mise avec plaisir et ne retourner sur un AZERTY fourni par son entreprise qu’avec amertume, autant la plupart des autres de mes “élèves” sont restés ancrés dans l’idée que l’AZERTY était meilleur pour les touches accentuées. “Et les majuscules accentuées ? Heu…”. Bref.

Donc, sans boutique sur le territoire, il faut aller chercher ailleurs. Les espagnols de chez Eloquent Keys m’ont fourni l’Akko, Amazon m’a fourni les switches, et MechanicalKeyboards a fini par me fournir les keycaps que je voulais. Mais le prix de tout ça a été gonflé par des taxes et des frais de livraison que je n’avais jamais vu auparavant. Je trouve cela indécent.

Si vous voulez devenir hobbyiste du clavier mécanique, vous avez une raison de plus pour quitter le pays (et pourquoi pas l’Europe, après tout).

Maintenant, le fun peut commencer !

Trêve d’atermoiements : le clavier est fantastique, le bruit est exceptionnellement agréable, les touches sont parfaites, le repose-poignets est agréable, je n’ai jamais pris autant de plaisir à écrire qu’aujourd’hui.

La différence entre du mainstream en plastique et de l’exotique en aluminium est littéralement palpable, audible et visible. Je compte bien garder vingt ou trente ans ce clavier. À moins qu’à mon grand désespoir, les méthodes de saisie de l’information ne changent radicalement pour tout le monde - sauf peut-être avec des interfaces Homme-Machine sur lesquelles je rêve de travailler…

Beaucoup de stress, mais au final, content comme jamais avec un clavier.

J’avais dans l’idée de faire des modifications, mais en réalité, je vais attendre un peu. Le soucis que je rencontrais au niveau du lubrifiant sur les stabilisateurs des touches longues semble s’effacer avec le rodage des touches, et je ne ressens pas encore le besoin de mettre des films isolants, de la mousse, ou autre. Le clavier me semble parfait ainsi, je vais l’utiliser comme ça quelques temps, et un jour, peut-être, je me déciderai à aller plus loin.

Mais j’ai encore une surprise à vous dévoiler, mais ça sera pour le prochain article de la série…