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À la recherche du clavier parfait - Étape 3

Un clavier 100% custom ?

Sommaire

Après avoir effectué une première sélection, j’ai finalement décidé de me lancer dans la création de mon propre clavier. C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire, en rêvant sur les claviers custom d’Internet. Aujourd’hui, c’est à ma portée, et j’ai besoin d’un nouveau clavier qui corresponde réellement à mon usage. Je vais condenser ici ce que j’ai pu trouver comme informations concernant la fabrication d’un clavier custom. Je vous invite à me contacter si vous souhaitez contribuer, et je me ferai un plaisir de mettre à jour cet article en conséquence (et merci à ceux qui l’ont déjà fait !).

Je sais que je me lance dans quelque chose de long et compliqué, mais ça me plait (je dirai même que ça me correspond1…). Je sais que je n’aurai pas toutes les pièces détachées en même temps, que je ne pourrais pas le monter ni même l’utiliser rapidement, et qu’il me faudra des mois de patience avant d’arriver à mon résultat final.

Un mot, d’ailleurs, à ce propos. Il semble que deux “idéologies” s’opposent dans la communauté des créateurs de claviers custom à propos de la “finalité” d’un build. D’un côté, il y a ceux qui ont l’intention de créer le clavier parfait, qui prend des mois, ou parfois des années, avant d’être terminé, c’est-à-dire avant qu’il corresponde à une idée précise de confort et de qualité de la part de son concepteur. De l’autre côté, il y a ceux pour qui l’achèvement d’un clavier ne représente que le commencement du suivant, qu’il est impossible d’atteindre la perfection parce que notre propre notion de perfection change au cours du temps.

Il m’est impossible, à ce jour, de prétendre appartenir à l’une ou l’autre de ces idéologies. Je me lance dans la création de ce clavier avec l’objectif qu’il me tienne au moins dix ans, c’est-à-dire la durée que m’a tenu le Corsair Strafe RGB dont je parle dans le premier article de cette série. Je n’ai pas l’intention d’en créer un autre pendant cette période. Je n’ai pas l’intention de les fabriquer à la chaîne. Ma motivation est d’obtenir le meilleur outil destiné à mon travail en combinant les meilleures pièces détachées disponibles (comprendre : les plus adaptées à mes besoins et mes préférences). Mais il se peut aussi que la passion m’emporte… L’avenir nous le dira !

C’est indiqué sur toutes mes pages mais je rappelle ici que je n’ai aucune affiliation avec les boutiques en ligne mentionnées sur mon site. Je ne donne aucun prix. Déjà parce que j’ai la flemme, et ensuite parce que le prix et la disponibilité de certains produits sont très variables. Je vous laisse le soin de guetter les bons plans 😉

Outillage

Je fais un peu d’électronique, je dispose donc déjà d’un équipement de base comprenant un fer à souder, des tournevis de toutes les tailles et de toutes les formes, des spatules de petites dimensions, des pinces adaptées à la manipulation de très petites pièces, des pinces plates, des pinces coupantes, des clés Allen de toutes tailles, etc.

À cet équipement de base vont s’ajouter quelques outils et accessoires spécifiques à la construction de claviers custom.

Tout ce que j’indique ici pourra être acheté en priorité, et en plusieurs exemplaires, histoire de voir venir.

Outils

En premier lieu, l’extracteur de keycaps et l’extracteur de switches. Ceux parfois fournis avec les claviers prebuilt semblent en effet de mauvaise qualité et, puisqu’on va manipuler des objets qui peuvent coûter cher avec le risque de les abimer ou les casser, il vaut mieux investir quelques euros dans des outils adaptés. Par exemple :

Je pense qu’il vaut mieux privilégier les extracteurs dotés de deux fils de métal, pour que la force soit répartie de chaque côté de la touche quand vous tirez dessus. Ça évitera d’abimer le pignon du switch.

J’aime bien le grip en plastique qui sera sans doute plus agréable à manier que du métal brut.

Du matériel de lubrification est également utile. Il est vivement recommandé de ne pas lubrifier des switches de type “clicky” (c’est-à-dire, ceux que je recherche) pour éviter d’altérer leur son caractéristique. Par contre, le lubrifiant servira aux stabilisateurs (et aux autres types de switches). Le consommable le plus populaire semble être le lubrifiant Krytox 205g0 qui offre une viscosité adaptée aux touches des claviers. Il est mentionné un peu partout qu’un pot devrait être suffisant pour 5 ou 6 claviers, donc pas besoin d’en prendre des tonnes…

On utilisera un pinceau adapté (donc de petite taille, 0 et/ou 1), tel que celui proposé par Glorious.

Si vous envisagez de devoir lubrifier tous les switches de votre futur clavier, une station de lubrification peut être pratique.

Selon les switches et le degré de personnalisation visés, on pourra également s’équiper d’outils facilitant l’ouverture de ces switches (comme celui de chez KBDFANS).

Vu que certains produits que je vais citer ensuite peuvent être déclinés, je conseille l’acquisition d’un rangement adapté (du même genre que pour les composants électroniques). Par exemple, quelque chose dans ce genre-là. Prévoir de quoi placer des étiquettes !

Je pense que l’usage de gants peuvent s’avérer intéressants, en particulier en cas de manipulation de lubrifiant, et afin d’éviter de disséminer poils et poussières dans les petites parties mécaniques.

Quincaillerie

On va pouvoir se procurer les produits que je vais lister ici sans modération, c’est-à-dire qu’il est toujours bon d’en avoir sous la main, “au cas où”. Ces produits ne sont pas absolument nécessaires, mais de ce que j’ai pu voir, ils peuvent améliorer de façon significative la qualité finale du build.

À placer entre le PCB et les switches pour limiter les vibrations.

À placer au milieu de chaque switch pour supprimer tout mouvement indésirable de la partie supérieure du switch. Attention à l’épaisseur choisie qui va dépendre de l’imperfection du boitier du switch. J’ai tendance à penser qu’il vaut mieux prendre un assortiment pour être tranquille.

Si vous souhaitez modifier ceux de vos switches, ou tout simplement pour remplacer ceux qui ont trop vécu. Attention à ne pas les mélanger si vous prenez des forces différentes.

Ceux-là ne se mangent pas mais se mettent sur les keycaps pour amortir le contact avec le switch en fin de course. L’épaisseur dépend des préférences personnelles (on peut tout à fait ne pas en mettre), donc là aussi, prendre un assortiment peut être une bonne idée.

Normalement pas nécessaire si le PCB est vendu comme hot-swap, mais c’est toujours pratique d’en avoir sous la main, au cas où. Je suppose qu’on devrait pouvoir transformer un PCB en hot-swap grâce à l’utilisation de ces sockets.

Histoire d’obtenir un son moins creux sur ces touches, en particulier la barre Espace.

En plastique ou nylon, destinées à isoler les têtes de vis du PCB. On peut aussi trouver des manchons en silicone à placer sur les pas de vis.

  • Patins en silicone à placer sous le clavier dans le cas où le boitier n’en serait pas déjà équippé - on en trouve aussi des longs qui sont plus esthétiques et qualitatifs et qu’on pourra également utiliser sur un repose-poignets.

  • Mousse “modulaire”

À placer entre le PCB et la plaque supérieure. On peut aussi utiliser une mousse pré-conçue pour le PCB et le layout choisi (par exemple celle-ci pour le DZ60 RGB ANSI)).

Le thème du clavier

Je vais l’avoir sous les yeux toute la journée, donc l’esthétique est tout aussi importante pour moi que la qualité du build. Et s’il y a une chose que j’aime en ce monde (à part mon épouse et ma ménagerie), c’est…

Jurassic Park. Si vous êtes lecteur de mon site, vous devriez avoir deviné.

Mais je vais tricher un peu, parce que je vais opter pour une esthétique plutôt proche de Jurassic World : moderne, épuré, blanc “laboratoire” et bleu “InGen2”, avec des matériaux “hygiéniques” tels que l’aluminium ou l’acier inoxydable.

Taille et disposition

Je suis désormais adepte du 60%. Je me passe très bien du pavé numérique et des touches fléchées, je maitrise l’usage des trois couches offertes par le Skyloong SK61, donc je vais rester sur ce format.

Je reste aussi sur une disposition QWERTY, mon opinion n’a pas changé depuis mon premier article.

Composants

PCB

Bien qu’il y ait du choix en terme de PCB 60%, je m’oriente vers la solution la plus populaire : le DZ60 dans sa seconde révision (la troisième ne permet pas le hot-swap des switches).

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Il est équipé d’un port USB-c et du RGB sur chaque touche (en south-facing, ce qui peut avoir de l’importance pour le choix des keycaps).

Benjamin Réthoré m’a fait part de son propre build basé sur ce DZ60, et m’encourage à suivre cette voie.

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Le clavier custom de © Benjamin Réthoré

Ce PCB permet l’utilisation du firmware QMK disponible sous licence GNU GPL v2, et peut être configuré avec le logiciel Via (qui semble propriétaire) sous GNU/Linux, macOS et Windows.

Boitier

Pour être certain de la compatibilité du boitier avec le PCB, je le prendrai aussi chez KBDFANS. Il est blanc, en aluminium, et je préfère ses contours anguleux à ceux, droits, du Tofu. Je trouve qu’il correspond mieux à l’esthétique que j’ai en tête, mais on verra bien : peut-être que je changerai d’avis à la dernière minute et préfèrerai le Tofu…

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En tous les cas, ce qui m’intéresse aussi avec ce boitier, c’est sa masse : avec plus de 800 grammes sur la balance, c’est un beau bébé ! Il y a plusieurs avantages à cela : un clavier compact a besoin d’être plus lourd qu’un clavier plein format par soucis de stabilité. En outre, sa masse va jouer sur le bruit généré par les touches. Je m’attends à ce que dans un tel boitier, mon clavier ait un son pur, propre, net, agréable, surtout que je vais mettre le paquet sur les accessoires…

Alternativement, le Blade60 semble être une option tout à fait convaincante, surtout qu’il offre quelques accessoires en prime, tels que de la mousse pour le fond du boitier et des o-rings. Il est aussi plus lourd.

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Plaque

J’opte pour une plaque d’aluminium couleur argent, afin de faire ressortir le rétro-éclairage.

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Bien que la plaque ne soit pas strictement nécessaire, elle va me servir à cacher le noir du PCB et à rigidifier le clavier.

Je pourrais chercher un PCB blanc, mais je risquerai de devoir faire face à des problèmes de compatibilité que je n’ai pas spécialement envie de résoudre. Pour un premier build, je voudrais rester dans les clous du DZ60.

À noter aussi que tout le monde n’aime pas avoir un clavier très rigide, certains préfèrent qu’il ait un peu de “ressort”. On peut très bien se passer de cette plaque, ou la choisir en différents matériaux en fonction de la rigidité recherchée : aluminium comme ici, laiton, fibre de carbone, plastique, etc. Je n’ai pas encore d’avis sur la question, donc j’attends de disposer du matériel pour me faire une idée. Mais dans mon imaginaire, plus le clavier sera rigide, mieux ce sera.

Je rajoute que l’utilisation d’une plaque, conjointement à la mousse modulaire ou spécifique au PCB mentionnée plus haut, peut simplifier le nettoyage du clavier puisque les ouvertures potentielles sur l’intérieur du châssis seraient bloquées.

Switches

À la base, j’aimerais partir sur des Cherry MX Blue, pour bénéficier de ce bruit caractéristique qui fait battre mon petit coeur. Mais dans le cas où je ne pourrai pas mettre la main dessus, j’opterai pour des Kailh Jade, où la course d’activation du switch est moindre (il est activé plus tôt que sur le Cherry). À moins qu’il existe des switches “clicky” plus haut de gamme, plus qualitatifs, diffusant mieux la lumière, ou que sais-je encore (mais je note que certains ont une préférence pour les switches qui cliquent “à l’aller et au retour”, tandis que je préfère les switches à clic simple - dits “jacket”).

Plus qu’un simple mod, c’est un composant essentiel qui assure la verticalité d’une pression sur une touche longue, peu importe d’où la touche est appuyée. En général, ils sont vendus en kit prévu pour un clavier complet. Il semble que le Holee mod soit une modification des stabilisateurs très prisée, faisant intervenir des pansements. J’adore la créativité des moddeurs, et je vais essayer ça sur mon Skyloong !

Keycaps

Blanc “laboratoire” et bleu “InGen”, comme je les voulais. C’est chez Drop que je les ai trouvé (modèle “Horizon”). Sur la photo, ils me semblent parfaitement parfaits et il me tarde déjà de les enficher - délicatement - sur les switches.

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J’ai même quelques idées farfelues pour au moins une touche un peu spéciale…

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Bon sang, que j’ai hâte 😍

Accessoires, mods

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  • Câble USB-c

Je ne suis pas très fan du style tressé et aviateur. Un peu too-much pour moi, et surtout ne colle pas à l’ambiance que je cherche. Ce genre-là me plait bien, pour sa couleur bleue, l’extrémité USB-c coudée, l’extrémité USB-A droite, 3 mètres, mais la gaine noire va jurer avec le clavier. Je sens que ce câble va être la pièce la plus difficile à trouver !

Conclusion

Disposant d’un clavier Skyloong SK61 acheté une cinquantaine d’euros, je vais l’utiliser pour me faire la main. Je vais le modder, mais sans en faire trop. Juste pour avoir une première expérience avant de me lancer dans le “vrai” clavier custom.

Afin de prendre en compte mes prérogatives financières, je me suis fais un calendrier d’achat :

  • Février : outillage et quincaillerie

Je pourrais modder mes stabilisateurs (ou les remplacer carrément), appliquer des films dans les switches et des pads sur le PCB, et j’en profiterai pour explorer les entrailles de la bête, et éventuellement rajouter de la mousse ça et là.

Je vais aussi récupèrer les keycaps de mon Corsair Srafe RGB (voire du clavier mécanique que j’avais avant le Strafe mais que j’ai oublié : un MaxKeyboard NightHawk X8).

  • Mars : boitier

J’ai peur des quantités disponibles, alors plus tôt je l’achèterai, mieux ce sera.

  • Avril : switches et PCB

L’intérêt de disposer des deux en même temps est de pouvoir les tester. On n’est pas à l’abri d’un pépin, et j’aime autant le découvrir dès que possible pour prendre les mesures qui s’imposent.

  • Mai : Plaque et accessoires

J’aurai eu le temps de tester vite fait la rigidité du clavier, et je saurai si je veux la plaque ou non. J’achèterai les derniers accessoires en même temps, si je ne l’ai pas fait plus tôt.

  • Au plus tôt, si permis par le budget

Les keycaps, dont le prix et la disponibilité semblent être particulièrement volatiles.

Budget

“J’ai dépensé sans compter !” — John Hammond, Jurassic Park, 1993


  1. Référence à Kaamelott… ↩︎

  2. InGen est une entreprise de bio-ingéniérie fictive créée par John Hammond dans Jurassic Park dont le but est de cloner et manipuler l’ADN de dinosaures. ↩︎