Test : SteelSeries Rival 3 Wireless

Publié dans : Blog

Une Rival 3…

Je déclare que la Rival 3 était la meilleure souris qui soit passée sous mes mains. Allez-y, traitez-moi d’ignorant, je m’en fout. Je n’ai aimé ni les souris Microsoft, ni les Logitech, ni les Razer, ni les ROCCAT, ni les Mad Catz, etc. Les seules souris ayant reçu mes éloges sont toutes des SteelSeries, à commencer par la Sensei (mais dont la peinture ne tenait pas) et la Rival 3, qui les surpasse toutes.

Une déclaration étonnante, n’est-ce pas ? Comment est-il possible, pour une souris à moins de 50 euros, d’être considérée comme la meilleure souris du monde (et de l’histoire, je ne mâche pas mes mots) ? En vérité, c’est sa simplicité qui lui vaut mes égards :

  • son éclairage est soft, réparti en trois zones (une LED sous la molette, une sous le logo SteelSeries et de part et d’autre du corps)
  • elle est légère
  • sa molette n’est pas débrayable (je m’en fout et en plus ça réduit les problèmes mécaniques)
  • elle n’a que deux boutons sous le pouce, les boutons gauche/droite, le clic molette et un bouton de réglage de la sensibilité et aucun autre (je ne supporte pas les boutons sur la tranche droite, un reproche que je faisais à la Sensei)
  • pas de revêtement anti-dérapant ou de matériaux “respirants” qui accrochent les saletés (mais qui a inventé ces souris avec des coques trouées…)
  • le plastique employé est d’excellente qualité, n’a pas de peinture qui s’écaille, est assez texturé pour être confortable mais ne l’est pas trop pour ne pas retenir la poussière

Le seul reproche que j’ai à formuler concerne la piètre qualité du câble : trop fin, impossible de lui donner une forme, ou plus exactement, de lui faire oublier ses plis d’origine.

…sans-fil

Du coup, si je peux avoir la même souris, mais sans le fil, je suis preneur ! Surtout que je l’ai eu pour 44.90€ avec réduction. C’est clairement une Rival 3, mais pas tout à fait. Elle est encore mieux…

Pour commencer, elle n’a pas de batterie intégrée : elle fonctionne avec deux piles ou accus AAA (deux piles - donc non rechargeables - sont fournies). Je ne suis pas fan des batteries intégrées. Deux accus AAA me semblent être un excellent choix : le format est universel, elles sont donc facilement remplaçables en fin de vie, je peux utiliser un chargeur externe de haute qualité, je peux utiliser une paire d’accus pendant que je charge l’autre, et l’autonomie est conséquente : 2000mAh avec deux accus de 1000mAh, quand les batteries intégrées plafonnent à 500mAh…

On pourrait croire que cela aurait pour conséquence de lui faire prendre du poids, et si elle est en effet plus lourde que la version filaire, elle ne pèse que 106 grammes une fois équipée de deux accus, quand une G502 approche les 140 grammes. Et si c’est trop lourd pour vous, elle se paye le luxe de pouvoir fonctionner avec un seul accu.

Pour continuer sur l’autonomie, la souris s’éteint toute seule au bout de quelques minutes d’inactivité. Il suffit de cliquer pour la réactiver. Je m’y suis fait, c’est un maigre prix à payer pour ne pas dépenser de l’énergie inutilement et ne pas la recharger tous les quarts d’heure. D’ailleurs, à titre informatif, j’utilise la souris de façon intensive depuis une semaine (polling à 1000Hz en 2.4GHz, éclairage molette, 10 à 12 heures d’utilisation quotidienne), et il me reste 2/3 de l’autonomie initiale. À ce train-là, les 400 heures d’autonomie promises par SteelSeries seront respectées (à une vache près, je ne vais pas les accuser de publicité mensongère si elle ne tient que 3 semaines au lieu de 400/12=33.33 jours…), mais je me dois de dire que j’ai vu plusieurs reviews qui se plaignent que les 400 heures annoncées ne peuvent être atteintes qu’en mode “Haute efficacité” à paramétrer dans le logiciel, ce qui a pour conséquence de forcer le polling à 125Hz et éteindre les LEDs. Mais je le répète : je n’ai pas activé ce mode, mon polling est à 1000Hz, la LED de la molette est allumée et sur la couleur #010101, et les piles d’origine devraient me procurer 3 semaines d’autonomie à raison de 10 à 12 heures d’utilisation par jour. Je précise quand même qu’à la base, je pensais naïvement que je devrais recharger les batteries tous les deux ou trois jours, alors même si elles ne tiennent que deux semaines, je ne vais pas me plaindre…

Ensuite, elle perd deux de ses zones d’éclairage pour se contenter de la LED de la molette. J’éteignais de toute façon les zones latérales sur la Rival 3, et la lumière que la souris produit me permet essentiellement de la retrouver dans le noir. Du coup, le seul éclairage de la molette (réglé sur #010101 pour utiliser le moins d’énergie possible) me suffit amplement.

Enfin, la liaison sans-fil est assurée par, au choix via un interrupteur sous la souris, une connexion radio 2.4GHz ou le bluetooth. Pratique pour travailler à la fois sur PC et sur Mac, ou avec une tablette tactile. Je n’ai pas encore testé le bluetooth dans ses moindres retranchements, mais la liaison 2.4GHz est réactive, et ne m’a jamais fait défaut, même entourée de périphériques Wifi et d’une manette sans-fil.

Où est l’arnaque ?

SteelSeries a réduit la souris au strict nécessaire, ce qui me convient parfaitement, mais je peux comprendre que certaines fonctionnalités manquent à certains usages.

Je citerai par exemple l’absence de port USB pour éventuellemment l’utiliser en filaire. Ça ne faisait absolument pas partie de mon cahier des charges, donc ça m’est complètement égal. Tout comme la possibilité de monter dans les DPI : 3200 est une valeur confortable pour moi en toutes circonstances, pouvoir pousser jusqu’à 18000 n’est que gage de confort (si un jour je passe sur des moniteurs 4k ou plus, je pourrais passer à 6400 DPI, mais cela fait depuis des lustres que les souris les plus basiques supportent une telle résolution de toute façon…).

Les crans de la molette sont assez marqués, plus que sur sa soeur filaire. Encore une fois, moi, ça me convient bien : j’aime bien les molettes franches (comment peut-on utiliser une molette débrayable… 😋). Il est certain que la molette de cette Rival 3 Wireless est techniquement inférieure à des solutions proposées sur des souris beaucoup plus chères, mais je pense que dans sa catégorie elle s’en sort bien.

Je ne déplore pas l’absence de support de charge : ça me gonflerait de devoir penser à poser ma souris sur un socle quand j’ai fini de m’en servir, et de ne pas pouvoir me servir de la souris pendant qu’elle charge. Sans compter que le prix d’une souris avec socle de charge grimpe assez vite. Totalement inutile selon moi.

Véritable regret en revanche sur l’absence d’indicateur de l’état des accus. J’aurai apprécié un petit bouton sous la souris qui affiche pendant x secondes le niveau de charge, même approximatif. Une LED verte/jaune/rouge m’aurait suffit, quitte à payer 5 euros de plus (même si je sais que le coût réel de l’électronique nécessaire pour le faire n’est que de quelques dizaines de centimes).

Côté logiciel, elle fonctionne out-of-the-box sous macOS et sous GNU-Linux, mais l’installation du SteelSeries Engine est nécessaire pour la régler, en particulier sa sensibilité, beaucoup trop faible sortie d’usine. Un logiciel compatible uniquement Windows et macOS, donc heureusement que je peux la régler depuis le mac et que ces réglages sont conservés en passant à GNU-Linux. J’aurais évidemment préféré un outil beaucoup, beaucoup plus léger (environ 400Mo d’espace occupé sous macOS quand même… le prix à payer pour un logiciel unifié entre tous les périphériques SteelSeries je suppose), et Libre1, mais même si une solution Libre existe, je ne l’utiliserais que si je peux l’installer à la fois sur macOS et sur GNU-Linux, et si je ne crains pas de bricker la souris…

Je confirme : la meilleure souris du monde

Donc au final, pas d’arnaque :

  • autonomie exemplaire, conforme aux promesses du constructeur
  • un plastique, une électronique et une mécanique de qualité à un prix attractif
  • une durabilité et une longévité excellentes
  • pas de chichis, pas de fancy : elle est brute de décoffrage et ça me convient parfaitement

Bon, je sais, c’est un peu osé de dire qu’une souris à moins de 50 euros est la meilleure du monde. Mais je suis un utilisateur exigeant, en quête du mulot parfait depuis près de 30 ans, et même des modèles filaires à plus de 100 euros n’ont pas été en mesure de me satisfaire. SteelSeries ne m’a jamais déçu, et signe une vraie réussite avec la Rival 3 Wireless.


  1. J’ai connaissance de rivalcfg, mais la Rival 3 Wireless ne semble pas encore supportée à 100% ↩︎